Plaques ibériques

En espagnol, “plaque de plâtre” se dit “Pladur”. La marque est devenue un nom commun. La rançon de la gloire, quand on occupe la place de n° 1 depuis des années. Pladur est né à la toute fin des années 1970 – il fêtera d’ailleurs son 40e anniversaire en 2018. Sa première usine de plaques de plâtre a vu le jour à Saragosse, du fait de la présence d’un important gisement de gypse très pur. La deuxième a suivi en 1991, implantée à Valdemoro, en périphérie Sud de Madrid. D’une capacité de production de 17 Mm2, elle est passée à près de 55 000 Mm2, suite à des travaux de modernisation et de renforcement de l’outil industriel, opérés en 2003/2004.

L’unité de Valdemoro – présentée ici – n’est pas en prise directe avec sa carrière de gypse. Celle-ci est éloignée de quelques kilomètres à peine. Une distance compatible avec l’installation d’une bande transporteuse, mais qui n’a jamais vu le jour, faute de l’obtention d’une autorisation pour des raisons environnementales… Du coup, le transfert de la matière première entre la carrière et l’usine se fait par semi-remorques !

Une ligne de 430 m de long

Le cycle de production des plaques de plâtre démarre au niveau des calcinateurs. Au nombre de deux, ils permettent le traitement de 55 à 60 t/h de gypse, soit une capacité journalière de 480 t. Le plâtre obtenu est réduit en poudre et mis en stock dans une trémie jouxtant la ligne de production. Pré-mélangé avec de l’eau et des additifs destinés à contrôler la prise et à donner aux futures plaques certaines de leurs caractéristiques, le plâtre est coulé sur le carton support en deux couches successives, une plus dense en fond et une principale dessus. Ce principe est appliqué pour l’ensemble des plaques produits à Valdemoro. Dans la continuité, le carton supérieur est mis en place et l’épaisseur de la plaque réglée.

La vitesse d’avancement de la ligne est variable, en fonction du type de plaques produites : elle oscille entre 60 et 120 m/mn. La longueur totale de cette ligne est de 430 m. Ainsi, au maximum, un tronçon de plaque de plâtre séjourne 7 mn sur la ligne. Arrivée au bout du voyage, la plaque continue est fractionnée en éléments de 180 cm à 330 cm. Au niveau de ce poste, un contrôle d’épaisseur est effectué de manière aléatoire. La tolérance est de +/- 0,4 mm.

Fractionnées, les plaques repartent dans l’autre sens, sur la ligne de retour, en direction des fours à gaz. Ceux-ci sont, aujourd’hui, au nombre de deux, d’une longueur de 118 m chacun, pour dix étages de séchage. La température y varie entre 180 et 250 °C. Les plaques y passent entre 45 mn et 90 mn, selon leur épaisseur.

Plaques de plafonds, enduits et poudres

La fabrication des plaques s’achève aux postes de découpe finale, qui voit la suppression des extrémités des plaques brutes (environ 1 cm est éliminé), puis leur sciage aux dimensions voulues. L’essentiel de la production est palettisé et mis en stock, en attendant son expédition.

La particularité de l’usine de Valdemoro est d’intégrer la fabrication de plaques de plafonds, d’enduits, de plâtres en poudre et de cornières pour la réalisation de cloisons. Aussi, une partie de la production de l’usine est basculée vers la ligne “plafonds” pour y recevoir les finitions ad hoc. Pladur a développé 12 ambiances et autant de types de perçages, soit près de 150 ambiances possibles. Installée en 2011, la ligne se divise en 7 postes successifs : perçage par pressage, collage de la couche phonique, sciage, séchage, mise en peinture, séchage et palettisation.

Enfin, l’unité “Enduits et plâtres en poudre” concentre plusieurs équipements de production, répartis sur une structure organisée sur trois niveaux. Trois malaxeurs dédiés – un pour les poutres, un pour les produits prêts à l’emploi et un pour les prémix – en constituent le cœur. Cet ensemble permet la fabrication de plus de 47 produits différents, dans des conditionnements allant de 1 à 20 kg pour les “prêts à l’emploi” et de 5 à 20 kg pour les “poudres”. Un équipement de palettisation complète cette unité autonome de production.

 

Frédéric Gluzicki

Publié dans le CBPC n°933 du 05-17
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